Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /Avr /2009 20:52



Comment concilier l'efficacité et le pragmatisme de l'ingénieur avec la rigueur scientifique et la maitrise des connaissances théoriques nécessaire aujourd'hui à la connaissance et à la mise en application des avancées de la physique moderne?

D'autant plus que les théoriciens se considèrent de nos jours assez volontiers, aussi, comme des philosophes.

Heureusement les laboratoires de physique appliquée, sont très occupés à réaliser chaque jour de nouveaux prodiges sans trop se préoccuper des justifications formelles et leur extrême ingéniosité  compense leur éloignement d'une théorie inaccessible.  


L’appel du large



Juste en rassurante illustration, observons pourtant que les comètes, par exemple, aussi exceptionnelles, rares et imprévisibles que les percées théoriques, sont rarement découvertes par les observatoires géants…

Le plus souvent, ce sont des amateurs passionnés, équipés de télescopes rudimentaires qui les aperçoivent.

Quand à nous, les ingénieurs, nous qui bataillons aux avant-postes de la réalité naturelle, nous refusons d’être marginalisés par une théorie incompatible avec notre viscéral pragmatisme.

Nous voulons réussir, sans dépendre des fantaisies et des caprices d’un sérail, ni sans forcément sacrifier aux rituels des obscures initiations qui apportent visiblement tant de délices à l’actuel establishment !

Notre accès aux perspectives d’innovations que nous pressentons, ne peut pas dépendre de notre passage obligé sous les fourches caudines d’une conception officielle, très impressionnante certes, mais somme toute relativement arbitraire.

Même quand elle s’autoproclame standardisée.

La routinière abstraction théorique est loin de nous satisfaire!

La course aux fantastiques perspectives, vers les forces et les énergies nouvelles, nous concerne au premier chef, nous aussi..

C’est une bien trop belle aventure, pour en laisser l’exclusivité à de très sympathiques, mais beaucoup trop doctes, Nimbus.

Par claude massot - Communauté : physique theorique
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Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /Avr /2009 19:06



Est il encore possible aujourd'hui d'avoir une préhension globale de la physique? L'honnête homme appartient-il à une espèce disparue ?  Une vue d'ensemble est elle encore possible? Est on maintenant condamné au spectacle de virtuoses dominant une foule passive d'admirateurs?


                       Élitisme et abstraction



Loin de nous l’idée de paresse devant l’effort intellectuel ou une quelconque phobie de l’abstraction.

Nous savons bien que les formalismes sont maintenant indispensables, dans les représentations de la réalité.

Mais au-delà d’un certain stade, l’abstraction, rampante ou galopante, conjuguée à la prolifération d’exotiques notations, ne peuvent que restreindre et même bloquer l’accès aux connaissances.



Virtuosité et expertise semblent aujourd’hui en physique, les minima génétiques requis pour survivre à l’évolution des théories.



Nous connaissons, tous, l’histoire de ce théoricien qui cherche ses clés sous un réverbère parce qu’il n’y a que là qu’il y voit….

La solution d’un problème ne réside pas forcément dans un seul domaine de compétence, et encore moins dans le domaine précis, donc étroit, du spécialiste qui l’étudie.

Voit-on poindre une rupture dans la physique contemporaine qui pourrait faciliter l’élargissement de l’accès aux grands outils conceptuels ?

Hélas, on constate que tous les indices semblent plutôt renforcer la chape de plomb de l’élitisme dominant.

Alors, est-il encore possible et surtout crédible ou au contraire coupable, de tenter de comprendre et donc de vouloir être généraliste, aujourd’hui?

Et demain ?

Par claude massot - Communauté : physique theorique
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Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /Avr /2009 22:02
                                                   


                                                  Inflation théorique et obésité


Source du formidable progrès que nous connaissons, le croissant raffinement des outils matériels et conceptuels s’est finalement répercuté dans le foisonnement en apparence inévitable et incontrôlable des formalismes.

Bénéfique pour le matériel, l’effet de la sophistication   est moins plaisant  sur des théories déjà déformées par une débordante obésité.

D’autres causes de cette distorsion, plus secondaires, relèvent plutôt de la psychologie infantile ou du simple effet de mode.

Comme à certaines époques l’art a célébré les formes généreuses, cela fait plus sérieux aujourd’hui de proposer des théories  bien rebondies. Un formalisme trop simple n’inspirerait pas suffisamment confiance !

Une anecdote amusante :
le très brillant concepteur d’un puissant langage informatique, commercialise aussi, avec résignation, un programme annexe, pour gonfler artificiellement les algorithmes compilés par son logiciel……de crainte que les clients, méfiants, ne s’inquiètent de la légèreté des fichiers obtenus !

Les théoriciens sacrifient trop, de nos jours à cette prolixité qui s’apparente un peu à du maniérisme, mais qui alourdit, souvent gratuitement, les publications.




Par claude massot - Communauté : physique theorique
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Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /Avr /2009 17:58



Le langage universel idéal qui devrait être l'ambition suprême de la physique dans sa représentation de la nature, est en fait devenu, au fil de son ascension théorique un impressionnant monument. Cette évolution n'est pas sans rappeler un très vieux symbole de l'ambition humaine, dont l'image est restée attachée à la multiplicité des contributions et des langages.  


Re-tour de Babel



Ce qui nous paraît, un tantinet plus grave c’est que chaque théoricien paraît, même, quelque peu se délecter à cultiver et bichonner son propre petit maquis personnel….

..tout en considérant comme naturel et peut être secrètement souhaitable de faire ainsi mécaniquement obstacle aux velléités d’intrusion !

La physique théorique contemporaine semble avoir pris  grand plaisir à se construire une nouvelle Tour de Babel, conceptuelle certes, mais tristement frappée, elle aussi, du fléau de confusion des langues !….

Juste un autre d’exemple : dans l’éloge funèbre récent d’un polytechnicien par un autre polytechnicien, celui-ci, tout en affirmant sa conviction de la valeur de son défunt ami, avouait ne pas pouvoir évaluer son œuvre scientifique.

Aujourd’hui personne ne s’étonnera de cette modeste et prudente réserve.

Elle équivaut pourtant à un candide mais très révélateur aveu d’impuissance.

Qu’un membre d’une des plus prestigieuses élites intellectuelles du monde, ne puisse, raisonnablement, se former un jugement sur l’œuvre d’un autre représentant de cette élite, est l’indice d’une inacceptable démission intellectuelle et scientifique.

Cette véritable débâcle ne peut être que le résultat d’une très progressive perte de conscience collective quand à la nécessité d’un libre accès au fondamental.

Par claude massot - Communauté : physique theorique
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Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /Avr /2009 19:10


La communauté solidaire des théoriciens de la physique semble, avec une fierté facilement perceptible, se satisfaire de l'alourdissement progressif des formalismes qui repoussent l'honnête homme dans une réserve prudente. Les triomphes de la science semblent sécréter ( et dissimuler ) une nouvelle forme d'obscurantisme.
 
L’hermétisme ambiant

On raconte qu’Eddington lui ayant dit que seulement trois personnes au monde comprenaient la relativité générale, Einstein aurait répondu:
     «     Qui est la troisième ? … »

De nos jours, bien sûr, les grands formalismes modernes se sont beaucoup plus largement diffusés et certains sont, même, presque banalisés.
Pourtant nous avons vu qu’Edouard Brézin, lors d'une conférence en 2005, faisait encore référence à Feynman quand à une très  improbable démocratisation de la physique.
   
Autre anecdote ?
Récemment, un expérimentateur d’un grand laboratoire parisien, auteur d’une publication  dans un important journal de physique, nous avouait pratiquement renoncer à comprendre la formulation théorique qu’il utilisait pour interpréter ses propres résultats.
Nous pourrions multiplier les exemples qui nous ramènent au préoccupant constat d’une pensée, tellement hermétique qu’elle en frôle l’ésotérisme !
La flamboyante communauté des théoriciens semble complètement  fascinée, pour ne pas dire intoxiquée, par les impressionnantes et parfois même délirantes formulations actuelles.
Elle s‘est passivement soumise et résignée à tolérer, sans contestation apparente, l’inextricable maquis de complexité qui l'a envahie.
Par claude massot - Communauté : physique theorique
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